French poem
7 (Ding ! ding ! ding…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Ding ! ding ! ding ! La cloche sonne… C’est midi ! L’air est pur, le flot rayonne Attiédi. À quai, le vapeur demeure Sans bouger, Prêt à partir tout à l’heure Pour Alger. Ding ! ding ! ding ! La cloche sonne… Prestement Qu’on descende !… Plus personne !… Autrement Tu peux, ô retardataire, T’infliger Un départ involontaire Pour Alger ! Ding ! ding ! ding ! La cloche sonne… Plus d’adieux ! Plus de larmes qu’on soupçonne Dans les yeux ! Une dernière accolade Pour changer… Et qu’on ne soit pas malade En Alger ! Ding ! ding ! ding ! La cloche sonne… Tout est prêt. Quels bons baisers l’on se donne ! Quel regret ! Comme on voudrait — tant on s’aime ! — Prolonger L’instant du départ suprême Pour Alger ! Ding ! ding ! ding ! La cloche sonne… N, i, ni ! « Adieu, cher ! Adieu, mignonne ! » C’est fini ! Vite, chacun dégringole, Et, léger, Le vapeur s’ébranle et vole Vers Alger. Mer tranquille et bon voyage, Gens heureux Qui voguez loin du rivage Vaporeux, Et demain, la course faite Sans danger, Allez, sous un ciel en fête, Voir Alger !