Versos French Jean Aicard Le courage

French poem

Le courage

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Le courage n’est pas seulement au soldat ; Il n’est pas seulement à l’homme qui se bat. Pour défendre un pays qui pense et qui travaille, La vie est elle-même un vrai champ de bataille, Où chaque travailleur a son courage à lui. Fuir le travail qu’on doit, c’est encore avoir fui ! Tout le monde partout travaille dans le monde ; Le pêcheur ne craint pas le vent qui souffle et gronde, Il lutte avec la mer pour prendre le poisson. Parfois le soleil tue au temps de la moisson ; Le carrier meurt rongé de poussières malsaines ; Le bûcheron parfois tombe du haut des chênes ; Le maçon, le couvreur, du faîte des maisons ; Le pauvre balayeur respire des poisons. Mais il fait son devoir quand même en temps de peste ! Le petit mousse grimpe au haut des mâts, plus leste Qu’un singe, et quelquefois, les deux bras grands ouverts, Tombe, en criant : « Ma mère ! » au fond des grandes mers. Et moi, moi qui n’ai pas beaucoup de peine à vivre, N’ayant qu’à fatiguer mes bons yeux sur mon livre, Pour apprendre à chérir ceux qui travaillent tant. Je dirais toujours : « Non ! » je serais mécontent ! La vie est un combat. Je veux remplir ma tâche. Celui qui fuit le champ du travail est un lâche.