French poem
La Voix d’or
by Jean Lorrain (1855–1906)
Le fifre s’exaspère et « Zim-Boum », la cymbale Tonitrue et voilà qu’au milieu des hoquets, Des cris, des beuglements, au halo des quinquets, La divine apparaît. La divine apparaît.Sa traîne triomphale Est d’un satin si blême et sa chair idéale Si frêle, qu’au milieu des énormes bouquets, Outrageusement blancs des Grelotteux coquets, On dirait un rayon de lune. On dirait un rayon de lune. Sidérale La divine s’avance et givrée, en mica Elle parle et soudain sa voix d’harmonica Tinte fausse et voilà qu’au-dessus de la foule La neige en flocons blancs tombe lente : en éclats De verre sa voix craque et le public s’écoule, S’éloignant lentement de l’actrice Verglas.