French poem
_Livre Ii_
by John Keats
[Au début de ce deuxième livre le poète célèbre la toute puissance et l'amour. Qu'est tout le reste en comparaison?]
Hors d'ici, histoire pompeuse! hors, fourberie dorée! Sombre planète dans l'univers des faits! Vaste mer, qui élève un murmure sans fin Sur les rivages caillouteux de la mémoire! Bien des vieux bateaux à la carcasse vermoulue là Voguent sur ton sein, magnifiés En vaisseaux de haut bord; plus d'un navire orgueilleux A la carène dorée, est abandonné dans la cale sans avoir été lancé. Mais pourquoi ceci? Peu nous chaut que le hibou ait volé Autour du mât du grand amiral Athénien! Peu nous chaut qu'à marches forcées Alexandre ait dépassé
L'Indus avec ses troupes Macédoniennes! Qu'Ulysse ait réveillé en le torturant Le Cyclope gorgé, peu nous importe! Juliette penchée Par-dessus les fleurs de sa croisée--soupirant--sevrant Tendrement son amour de sa neigeuse pureté, Nous intéresse davantage: le ruisseau argenté Des larmes d'Héros, la défaillance d'Imogène, La belle Pastorella dans la caverne du bandit, Sont des sujets qu'on couve avec plus d'ardeur Que la chute des empires..........
[Puis Endymion entreprend de retrouver sa mystérieuse beauté]
Alors, de nouveau, Il s'enfonça dans un sentier désert Où jamais aucun son humain n'avait retenti, Si ce n'est, peut être, quelques cadences légères comme la neige Se dissolvant dans le silence, lorsque sous la brise Quelque barque sacrée entonnait une hymne harmonieuse, En voguant joyeusement vers Delphes.
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[Une nymphe, déguisée en papillon, lui sert de guide. Ils explorent le monde souterrain et rencontrent d'abord Vénus et Adonis.]
Après avoir parcouru mille détours, Enfin, avançant soudain, il pénétra dans Une pièce, tapissée de myrtes, formant un berceau très élevé,
Remplie de lumière, d'encens, d'harmonieux accords, Et de ce qu'il y avait à la fois d'admirable et d'étrange: Car sur une couche de satin d'une splendeur rosée Au centre, reposait un éphèbe endormi De la plus enivrante beauté; plus enivrante en vérité Que les désirs ne pouvaient la sonder ou la jouissance l'atteindre: Puis des tentures aux tons dorés de la pêche Ou des soucis fanés par la maturité d'Octobre, Tombaient rutilantes à ses côtés avec mille replis-- Sans rien cacher de la courbe Apollonienne De la nuque et de l'épaule, ni de l'écartement D'un genou à l'autre, ni des chevilles accrochant la lumière; Mais plutôt, livrant sans voile ses charmes au regard, Généreusement. De profil son visage était appuyé Sur un bras blanc, et tendrement demi-closes Par la plus tendre pression, les lèvres vermeilles Dessinaient une moue alanguie causée par le sommeil; de même la chaude matinée Fait s'entr'ouvrir la rose aux pétales humides. Au-dessus de sa tête Quatre tiges de lys mariaient leurs blancs honneurs Pour former une couronne; autour de lui croissaient Toutes les vrilles vertes, de floraisons et de nuances infinies, Entrelacées les unes aux autres et fraîchement liées: La vigne aux pousses luisantes; les mailles du lierre
Ombrageant ses baies Ethiopiennes; le chèvre-feuille des bois Aux feuilles veloutées, aux divines fleurs en forme de cors; Le convolvulus aux corolles ardemment panachées; Le creeper, mûrissant pour rougir en automne; La clématite des haies, grimpant allègrement, Avec d'autres plantes ses sœurs. Tout près Veillaient des Amours paisibles et silencieux. L'un, agenouillé à côté d'une lyre, en touchait les cordes, Dont il assourdissait les sons avec ses ailes; Et, de temps en temps il se levait pour observer Le sommeil de l'éphèbe; pendant qu'un autre saisissait Une branche de saule, qui distillait une rosée odorante, Et la secouait sur sa chevelure; un autre pénétrait Par la toiture tissée, et à chaque battement d'aile Faisait pleuvoir des violettes sur ses yeux assoupis.
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Tout à coup sous une arche rugueuse, à travers la pénombre au-dessous d'eux Apparaît la mère des dieux, Cybèle, seule, toute seule, Sur un sombre char; un manteau noir drapant Sa majestueuse stature, le front pâle comme la mort, Couronné de tourelles. Quatre lions à l'épaisse crinière Traînent les indolentes roues; solennelles sont leurs mâchoires ventrues, Leurs yeux menacent dissimulés sous les sourcils, leurs lourdes pattes
S'étirent comme dans le sommeil, et leurs queues nerveusement Font trembler leurs poils hérissés. Silencieuse passe La reine, comme une ombre, et elle disparaît dans l'obscurité d'une autre arche.
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[Après avoir enfin entrevu son amante inconnue, Endymion visita la région des fleuves souterrains où il aperçut Alphée et Aréthuse, ensuite.]
Il se retourna--là retentit un son puissant--il marcha, Apparût là une lumière plus froide; alors il se dirigea Vers elle par un sentier sablonneux, et Io! Voici qu'en moins de temps qu'un instant ne fuit, Les visions de la terre furent dissoutes et envolées-- Il aperçut la mer géante au-dessus de sa tête.