Versos French Joseph Lafon-Labatut Xiii

French poem

Xiii

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Depuis cette triste aventure, Dont la date bien loin s'enfuit, De Jeanne on dit que la toiture S'illumine à chaque minuit; A chaque minuit s'y cramponne Et croasse un rauque corbeau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Par la fenêtre, sa complice, Chemin qu'autrefois elle a pris, L'étranger, à son tour, se glisse Près d'elle, à l'heure des esprits; Un lutin moqueur la testonne, Un autre enfle un aigre pipeau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Ridée, osseuse et décrépite, Elle implore un peu de repos; Mais son danseur se précipite, Toujours ardent, toujours dispos: «--Diablesse, harpie ou gorgone, «Des ans ne crains point le fardeau!» Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Alors la danse recommence, Danse plus rude qu'un combat, Pleine d'ivresse et de démence: Tous les scandales du sabbat! Aux bras de Satan qui bougonne Jeanne éclate en cris de chevreau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.

Puis tout décroît dans ces murailles Où, pour couronner le festin, Comme en une nuit d'épousailles, Coule un breuvage libertin; Puis un sourd ronflement détonne Sur le poivre impur du chaudeau. Si le diable n'était pas beau, Il n'eût jamais tenté personne.