French poem
Vertiges
by Louis Chadourne (1890–1925)
Du corps que mes bras ont tenu, Des yeux de larmes embués, Et des lèvres que j’ai mordues, Que me reste-t-il aujourd’hui ?
La robe affaissée sur la chaise, Une odeur tiède sur les paumes, Et ce fantôme replié Sous l’ombre basse des paupières.
Mes mains se ferment sur le vide ; Ma bouche ne baise qu’un souffle Égaré du jardin désert ;
Mon désir n’atteint qu’un mirage, Et mon amour est en balance Entre l’attente et le regret.