French poem
Portique
by Louis Chadourne (1890–1925)
Je m’incline sur ton visage Pour y chercher l’essentiel, Pour y découvrir ce que l’âge Pourra te laisser d’éternel !
La trame des rides menues Effacera jusqu’aux vestiges Qu’a marqués sur ta gorge lisse La dent des belles heures nues.
Mais quand le Temps, bourreau classique, Aura fané roses et lys, Lentement ruiné le portique Que notre amour s’était bâti,
Je saurai, s’il me plait, atteindre, Sous l’arche obscure de tes cils, Un astre qui ne peut s’éteindre Et qui brûle dans l’invisible.