Versos French Louis Chadourne Instant

French poem

Instant

by (1890–1925)

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Je voudrais que notre amour Pût tenir en une parole : Je la redirais jusqu’à l’aube.

Je voudrais qu’il fût immobile Infini comme la ligne Qui sépare le ciel de la mer.

Je voudrais qu’il n’eût ni veille ni lendemain, Pareil à un astre arrêté à son zénith, Pareil à un flambeau solitaire Dont l’ardeur ne se nourrit que d’elle-même.

Je voudrais qu’il fût à la fois Toute sa douleur et toute sa joie, Un instant d’homme et l’éternité, La vie et la mort tout ensemble.