French poem
Chanson d’automne
by Marie Krysinska (1857–1908)
Les fleurs s’éteignent au jardin Comme des lampes au matin,
La saison grise, à pas muets, Vient dans les allées.
La voix pleureuse de l’Automne, Accompagnée d’invisibles violoncelles, Parmi l’espace morne, entonne Une phrase triste et belle.
Un vent brutal frappe les branches Qui chavirent folles et désespérées, Le buisson meurt et penche.
Où sont les roses trémières, Si délicates et si fières ?
Où sont les ciels argentés Comme jasmins et muguets ?
Un nuage noir aux ailes éployées Ainsi qu’un mauvais aigle plane à l’horizon ; Sous la pluie toutes les joies se sont noyées Et dans l’arbre fané expire la chanson.
Tu plais aux cœurs recueillis Minute ivre de mélancolie, Décor de silence et de cris,
Dramatique et plein de charmes, Où les feuilles tombent comme des larmes.