Versos French Marie Krysinska Chanson blanche

French poem

Chanson blanche

by (1857–1908)

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Parmi la chanson éblouie Que le gazon nouveau chante pour nos yeux, Voici le cortège vaporeux Des arbres fleuris.

Leurs formes virginales frémissent à l’air léger. Celle-ci — toute en voiles de Malines — est une mariée ; Celle-là — coquettement poudrée — Est une marquise en robe de menuet.

Des novices vêtues d’habits blancs Font, vers le ciel, fumer l’encens Extatique du Printemps.

Puis, voici les chastes plis de mousseline, Robes de communiantes au cœur tremblant D’émotions divines.

Un arbre isolé est un flambeau brillant, À l’horizon on croit voir Une héroïque chevauchée aux panaches clairs. Le ciel est limpide comme un jeune regard.

La neige joyeuse est partout répandue, Et l’adolescence de l’année Rit sur la verte étendue Des pelouses et parmi la blonde futaie.

Des accordailles de l’heureuse saison Sonnent, à toutes les branches, les clochettes argentées ; Aussi, la voix de cristal des hirondelles affairées.

Et, parmi ces blancheurs, cette harmonie et cet encens — Eros, couronné de muguets, tend son arc d’argent.