Versos French Maurice Vaucaire 7 (Ô les rois de Féerie, idiots…)

French poem

7 (Ô les rois de Féerie, idiots…)

by (1863–1918)

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Ô les rois de Féerie, idiots et charmants ! Les sorcières qu’on change en vaporeuses fées, Pour venir des dessous du théâtre aux moments Périlleux, toutes d’or et d’argent étoffées ! … Le prince Hurluberlu Quatorze est amoureux De la princesse Cocorico sa cousine. (Vous savez qu’elle est née un beau jour dans le creux D’un champignon géant à la forêt voisine !…) On ouvre constamment des yeux émerveillés, Car ce pays est plein d’agréables surprises ; Les enfants naissent habillés,

Il y pleut du raisin, du sucre et des cerises ; La neige que l’hiver étale sur les toits, Est une crème dont on se lèche les doigts ; Le prince n’a qu’à dire un mot, à faire un geste, Pour que de la façon la plus précise et leste, Les décors de céans soient montés ou défaits. Ô riche Fantaisie ! ô Jardins ! ô Palais ! Tombés d’un Paradis qui veut gâter la terre ! Sans chercher à comprendre un instant ton mystère, Nous admirons tes gens, ta lumière et tes ors Qui font briller cent fois plus tes luisants décors…

Et la pièce finit par une Apothéose : Des nudités, du feu jaune, vert, bleu, blanc, rose, Des cascades jetant une avalanche d’eau, Et quand les spectateurs ont tout bien vu : — Rideau. — Avant la fin du dernier acte Et la chute de ce rideau ; Partons pour que notre cerveau Garde sa rêverie intacte. Emplissons aussitôt nos yeux De l’éblouissant éclairage. Levons-nous avant que le soleil radieux

Soit éclipsé par un nuage !