French poem
Le Puits de Jacob
by Pamphile Le May (1837–1918)
A Sichem où, tremblant, un vil peuple se range Pour laisser chevaucher le féroce turban; A Sichem où jadis fleurissait l'oliban, Où la cime des monts semblait l'or d'une frange,
Jacob a fait creuser, victorieux de l'ange, Un puits où descendrait le cèdre du Liban. C'était pour ses troupeaux, quand il eut de Laban Vaillamment repoussé la haineuse phalange.
Or, un jour qu'une femme y vint puiser de l'eau, Vers l'heure de midi, le prophète nouveau, Jésus, était assis sur l'antique margelle.
—Femme, j'ai soif, dit-il. Elle, d'un regard vif Scrute cet étranger, et d'un mot le flagelle: —Je suis Samaritaine et j'ai pitié d'un Juif!