French poem
16 (La lune pleine avait aux cieux…)
by Paul Haag (1843–1911)
La lune pleine avait aux cieux Une majesté singulière ; Le lac était si encieux, Moiré d’argent par sa lumière.
La vaste nappe aux blancs reflets Prenait des teintes indécises ; Les montagnes, géants muets, Comme en un cercle étaient assises.
Et nous les regardions tous deux, Appuyés contre la persienne ; Ma bouche effleurait ses cheveux, Et sa main était dans la mienne.
Et sur sa gorge étincelait Une éblouissante parure : Je voulus baiser le filet D’où s’échappait sa chevelure.
Mais mes yeux rencontrant ses yeux, Leur regard glaça mon envie ; Car nous étions morts tous les deux, Et rêvions dans une autre vie.
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