French poem
21 (La nuit tombait, et dans le…)
by Paul Haag (1843–1911)
La nuit tombait, et dans le jardin solitaire La pluie humide et froide avait trempé la terre ; Les parterres étaient lamentables à voir ; Les arbres, spectres nus, dans la brume du soir, Dressaient lugubrement leurs branches désolées, Et leurs feuilles jonchaient le sable des allées. Une ombre vint à moi, comme hésitant, — c’était Un homme pauvrement vêtu qui marmottait En s’approchant une humble et pressante requête, La plainte, hélas ! toujours la même que répète La misère aux abois luttant contre la faim : Plus de travail, partant plus de feu, plus de pain ; Je lui donnai le peu que j’avais dans ma bourse. — Pauvre homme ! me disais-je en reprenant ma course, Et je sentais des pleurs qui me montaient aux yeux, Quel est le plus à plaindre et le plus malheureux De celui qui reçoit ou de celui qui donne ? Et quel passant viendra pour me faire l’aumône ?
More by Paul Haag
- 16 (La lune pleine avait aux cieux…)
- 18 (Je sortis : j’avais froid…)
- 19 (Dieu, toi qui fais la nuit…)
- 20 (L’occident, rayé par de noirs nuages…)
- 22 (Tristes forêts, ravins déserts semés de…)
- 23 (Désespoir, désespoir, noire et sinistre mer…)
- 24 (Depuis bientôt six mois que je…)
- 25 (Je suis comme un captif dans…)