French poem
25 (Je suis comme un captif dans…)
by Paul Haag (1843–1911)
Je suis comme un captif dans une tour déserte Que garde un invisible et fidèle geôlier : Jamais un bruit de pas n’ébranla l’escalier, Jamais la lourde porte en fer ne s’est ouverte ;
La fenêtre est très large et me permet de voir La morne immensité d’une plaine inconnue, Sans arbres, sans maisons, sans chemins, toute nue, Où rien ne vit, où rien ne semble se mouvoir.
Le ciel que vainement mon regard interroge N’est qu’un désert sans fin d’un implacable azur, Un disque d’or s’y meut, d’un pas cruel et sûr, Impassible, et pareil au doigt lent d’une horloge.
Et dans l’oisiveté de l’atroce prison Je vois les jours décroître et croître à l’horizon.
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