French poem
23 (Désespoir, désespoir, noire et sinistre mer…)
by Paul Haag (1843–1911)
Désespoir, désespoir, noire et sinistre mer, Mon cœur a jusqu’au roc sondé ton gouffre amer ; Ma prunelle hagarde, aux horizons tendue, De ton désert sans bords a noté l’étendue ; Donc, Mort, épouvantail usé, je n’ai plus peur Du squelette qui rit sous ton masque trompeur. À ce cœur qu’a sucé l’Ennui comme un vampire Ton froid réveil ne peut réserver rien de pire : Qui n’espère plus rien n’a rien à redouter. Viens si tu veux, je sais sans terreur affronter La funèbre douceur de ton baiser qui glace, Et je puis, sans pâlir, te contempler en face.