French poem
32 (Comme le sang coulant d’une blessure…)
by Paul Haag (1843–1911)
Comme le sang coulant d’une blessure ouverte, Je sens ma vie, hélas ! lentement s’écouler, Chacun de mes espoirs tour à tour s’écrouler, Mes stériles efforts s’user en pure perte.
Pourquoi lutter encore et sans cesse rouler, Ô Sisyphe obstiné, ta lourde pierre inerte, Pourquoi lorsque la Mort s’offre à toi, reculer ? — Ainsi parle à mon cœur la voix qui déconcerte
Mon courage ancien, bien près de s’émouvoir ; Pourtant une autre voix plus mâle et plus sévère Parle à son tour, et dit : Lutte, vis, persévère ;
Même sans le comprendre obéis au Devoir, Comme un soldat qui sans discuter se résigne Et meurt stoïquement quand le veut sa consigne.