French poem
42 (Un feu qui s’allumait dans les…)
by Paul Haag (1843–1911)
Un feu qui s’allumait dans les pâleurs du soir M’a fait penser, chère âme, à l’amour grave et tendre Qu’après les longs combats et l’amer désespoir La paix de tes grands yeux dans mon cœur fit descendre,
La paix de ton regard, pur et profond miroir, Doux autant que la mort au cœur lassé d’attendre : Oh ! comment exprimer le charme étrange et noir Qu’en mon triste désert ces yeux ont su répandre ?
Beaux yeux, cher opium pour mon âme aux abois, Je dirai la fraîcheur pénétrante des bois Détachant sur les cieux blanchis leurs sombres masses
Par les longs jours d’été brûlant, aux heures lasses Du soir ; ou la douceur mystique des hautbois Dans l’orage apaisé des cuivres et des basses.