Versos French Paul Haag A la prefecture

French poem

A la prefecture

by (1843–1911)

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Dans le bureau, chambre poudreuse Où s’empilent les verts cartons, Le soir une foule nombreuse Attend les votes des cantons.

De temps en temps s’ouvre une porte : On se tourne de ce côté ; C’est une dépêche qu’apporte Quelque gendarme tout crotté.

Le Préfet, assis dans sa chaise, Lit les résultats d’un ton sec ; Chacun bâtit son hypothèse Sur le succès d’X ou d’Y grec.

On parle, on s’anime : la lampe, Sous son très classique abat-jour, Montre avec de faux airs de rampe Chaque visage tour à tour.

Chauves chauvins, rouges rosettes, Monarchistes, républicains : Sur ces figures inquiètes Se peignent les espoirs mesquins.

Les vaincus parlent de revanche. Dehors la lune, astre pensif, Plaque sur la pelouse blanche Les larges ombres d’un massif.