Versos French Paul Haag La voir, sentir son bras s'appuyer sur le mien

French poem

La voir, sentir son bras s'appuyer sur le mien

by (1843–1911)

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La voir, sentir son bras s’appuyer sur le mien, Marcher comme en un rêve et sans songer à rien Qu’à l’extase présente, à la commune ivresse De nos regards unis dans la même caresse ; Lui dire toi, lui parler d’elle, improviser Cent romans de bonheur qu’achève un doux baiser ; Faire sans y songer, sans s’en douter, des lieues Par les chemins perdus des lointaines banlieues ; Et puis, le soir venu, s’arrêter près d’un champ Désert, pour admirer un beau soleil couchant, Pour contempler, noyé dans la brume indécise, Paris, ses dômes d’or, la flèche d’une église, Et l’océan confus des toits et des maisons Se perdant dans la nuit des sombres horizons Où quelque vitre en feu met sa rouge étincelle ; — Et penser qu’on voudrait mourir d’amour pour elle.