French poem
Le Masque
by Paul Haag (1843–1911)
Dans le bal tournoyant que conduit la Folie, On voit, roses et noirs, les masques se mêler ; Puis quand la verte Aurore au matin vient souffler Sur les lustres mourants et leur flamme pâlie,
Quand le dernier quadrille a cessé de ronfler Dans la salle muette à moitié désemplie, Alors le masque noir ou rose se délie Et le secret des traits vient à se révéler.
Ainsi dans cette Vie humaine chacun porte Un Masque que demain doit dénouer la Mort, Masque, nom passager, illustre, obscur, qu’importe ?
Pseudonyme d’un jour qu’on quitte quand on sort, Ce masque ici, lecteur, je l’ôte, et je te livre Mon cœur, mon sombre cœur, au miroir de ce livre.