Versos French Paul Haag Terreur Nocturne

French poem

Terreur Nocturne

by (1843–1911)

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Ah ! qu’entends-je ! quel est ce bruit ? mon cœur tressaille : Est-ce le frôlement plaintif de la broussaille Où l’haleine du vent se déchire en passant ? Au fond du noir taillis un rameau se cassant Et traînant dans sa chute à travers le branchage Le frémissement sourd de son épais feuillage ? Est-ce un serpent qui fuit ? est-ce le craquement Solennel de la Terre en son enfantement, Ou bien quelque hibou que mon pas effarouche Qui s’envole en jetant sur moi son regard louche ? Chut ! j’écoute. — Mais non, plus rien, rien, tout se tait. Et dans l’obscurité, sombre abîme muet, Comme en un lac profond une pierre qu’on jette, S’est perdu cet étrange bruit qui m’inquiète. La route blanche fuit entre les noirs buissons, Et les arbres, émus par les vagues frissons Du soir, prennent aux yeux des formes fantastiques ; Et comme pour scander par ses pauses rythmiques Ce silence profond, arrive par moments De la mare lointaine où les saules dormants Mirent leurs troncs noueux aux profils de gargouilles, Le coassement rauque et triste des grenouilles.