Versos French Paul Haag Premier Printemps

French poem

Premier Printemps

by (1843–1911)

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Lorsque l’on sent dans les clairières Le souffle tiède du printemps, Lorsque l’on voit les primevères Émailler d’or l’herbe des champs,

Lorsque l’eau des ruisseaux gazouille Plus gaîment sous les noirs buissons, Lorsque son cours plus lent s’embrouille Dans les épaisseurs des cressons,

Alors l’hiver grondeur s’efforce Vainement de lutter encor : Les verts bourgeons crevant l’écorce Dérangent son triste décor.

Ses réserves sont épuisées, L’azur sourit en le bravant ; Ses neiges fondent en rosées Aux baisers attiédis du vent.

Avril, qu’à bon droit il redoute, Achèvera de ses rayons Ses grêlons que met en déroute L’avant-garde des papillons ;

Et les Amours, troupes rieuses D’enfants ailés, vont par les bois Poursuivant de leurs voix moqueuses Sa vaine menace aux abois,

Et jusqu’au fond de sa tanière Ils bombardent le vieux trembleur, Avec la neige printanière Qui tombe des arbres en fleurs.