French poem
D’un profond pensement
D’un profond pansement j’avois si fort troublée L’imagination qui toute en vous estoit, Que mon ame à tous coups de mes lèvres sortoit, Pour estre en me laissant à la vostre assemblée.
J’ay cent fois la fuitive au logis r’appelée, Qu’Amour me desbauchoit : ores elle escoutoit, Et ores sans m’ouyr le frein elle emportoit, Comme un jeune Poulain qui court à la voilée.
La tançant je disois, Tu te vas décevant : Si elle nous aimoit, nous aurions plus souvent Ou chiffres ou message ou lettre accoustumee.
Elle a de nos chansons et non de nous souci. Mon ame, sois plus fine : il nous faut tout ainsi Qu’elle nous paist de vent, la paistre de fumée.