French poem
Madame beut à moy
Ma Dame beut a moy, puis me bailla sa tasse, Beuvez, dit-ell’, ce reste où mon cœur j’ay versé : Et alors le vaisseau des lèvres je pressay, Qui comme un Batelier son cœur dans le mien passe.
Mon sang renouvelle tant de forces amasse Par la vertu du vin qu’elle m’avoit laissé, Que trop chargé d’esprits et de cœurs, je pensay Mourir dessous le faix, tant mon ame estoit lasse.
Ah Dieux, qui pourroit vivre avec telle beauté Qui tient tousjours Amour en son vase arresté ? Je ne devois en boire, et m’en donne le blâme.
Ce vase me lia tous les Sens dés le jour Que je beu de son vin, mais plustost une flame. Mais plustost un venin, qui m’en-yvra d’amour.