French poem
Poème 215 (Cet oeil besson dont, goulu, je…)
Cet oeil besson dont, goulu, je me pais, Qui fait rocher celui qui s’en aprouche Ore d’un ris, or d’un regard farouche Nourrit mon coeur en querelle & en pais.
Par vous, bel oeil, en soufrant je me tais, Mais aussi tôt que la douleur me touche, Toi belle, sainte, & angelique bouche, De tes douceurs revivre tu me fais.
Bouche pourquoi me viens-tu secourir, Quand ce bel oeil me force de mourir? Pourquoi veus-tu que vif je redevienne?
Las! bouche, las! je revis en langueur, Pour plus de soin, afin que le soin vienne Plus longuement se paitre de mon coeur.
More by Pierre de Ronsard
- Poème 210 (Telle qu’elle est dedans ma souvenance…)
- Poème 212 (Des Grecs marris l’industrieuse Helene…)
- Poème 213 (Mon dieu que j’aime à baiser…)
- Poème 214 (L'Arc, contre qui des plus braves…)
- Poème 216 (Depuis le jour que mal sain…)
- Poème 217 (Mets en obli, Dieu des herbes…)
- Poème 218 (Bien que ton trait, Amour, soit…)
- Poème 219 (Si hors du cep ou je…)