French poem
Que me servent mes vers, et les sons de ma lyre
Que me servent mes vers, et les sons de ma lyre, Quand nuict et jour je change et de mœurs et de peau Pour aimer sottement un visage si beau ? Que l’homme est malheureux qui pour l’amour souspire ! Je pleure, je me deuls, je suis plein de martire, Je fais mille Sonets, je me romps le cerveau, Et ne suis point aimé : un amoureux nouveau Gaigne tousjours ma place, et je ne l’ose dire. Ma Dame en toute ruse a l’esprit bien appris, Qui tousjours cherche un autre apres qu’elle m’a pris. Quand d’elle je bruslois, son feu devenoit moindre. Mais ores que je feins n’estre plus enflamé, Elle brusle apres moy. Pour estre bien aimé, Il faut aimer bien peu, beaucoup promettre, et feindre.