French poem
Vous me distes, Maistresse
Vous me distes, Maistresse, estant à la fenestre, Regardant vers Mont-martre et les champs La solitaire vie, et le derert séjour d’alentour : Valent mieux que la Cour, je voudrois bien y estre.
A l’heure mon esprit de mes Sens seroit maistre, En jeusne et oraison je passerois le jour, Je desfi’rois les traicts et les flames d’Amour : Ce cruel de mon sang ne pourroit se repaistre.
Quand je vous respondy, Vous trompez de penser Qu’un feu ne soit pas feu pour se couvrir de cendre : Sur les cloistres sacrez la flame on voit passer :
Amour dans les déserts comme aux villes s’engendre. Contre un Dieu si puissant, qui les Dieux peut forcer, Jeusnes ny oraisons ne se peuvent défendre.