French poem
Voyez comme tout change (hé, qui l’eust esperé!)
Voyez comme tout change (hé, qui l’eust esperé !) Vous me souliez donner, maintenant je vous donne Des bouquets et des fleurs : amour vous abandonne, Qui seul dedans mon cœur est ferme demeuré. Des Dames le vouloir n’est jamais mesuré, Qui d’une extrême ardeur tantost se passionne, Tantost une froideur extrême l’environne, Sans avoir un milieu longuement asseuré. Voilà comme Fortune en se jouant m’abaisse. Vostre plus grande gloire un temps fut de m’aimer : Maintenant je vous aime, et languis de tristesse, Et me voy sans raison de douleur consumer. Dieu pour punir l’orgueil commet une Déesse : Vous la cognoissez bien, je n’ose la nommer.
More by Pierre de Ronsard
- Vous estes le bouquet de vostre bouquet mesme
- Vous me distes, Maistresse
- Vous triomphez de moy, et pource je vous donne
- Voyant par les soudars ma maison saccagée
- Vœu à Venus, pour garder Cypre de l’armée du Turc
- « Il faut laisser maisons et vergers et jardins »
- « Je n’ai plus que les os, un Squelette je semble »
- « J’ai l’esprit tout ennuyé »