Versos French Pierre-Jean de Béranger C’est le Roi

French poem

C’est le Roi

by (1780–1857)

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C’est le roi, le roi, le roi, Qu’en ronde Chante le monde ; Rien n’est plus plaisant, ma foi, Que de chanter le roi.

De cinq cents mille baïonnettes Qui dirigea sur nous les coups ? Qui porta jusqu’en nos retraites Les fléaux de Mars en courroux ? Au milieu d’une bande De Prussiens et d’Anglais,

Qui vint, par contrebande, Disant : Je suis Français. C’est le roi, etc.

Qui nous fit mettre bas les armes, Même au milieu de nos succès ; Au sein des plus vives alarmes, Qui nous fit accepter la paix ? Du fardeau de la gloire Qui nous a dégagés ? Aux fils de la Victoire, Qui donna leurs congés ? C’est le roi, etc.

Qui de nos palmes immortelles Voudrait encor ternir l’éclat ? Qui regarde comme rebelles Tous les défenseurs de l’État ? De brigands de la Loire Qui traita nos guerriers ? Qui ne peut jamais croire Qu’aux gothiques lauriers ? C’est le roi, etc.

Qui fit, dites-moi, je vous prie, Tant de beaux travaux à la fois ? Cette superbe galerie Avec papier doré sur bois ?

Ce chétif Henri quatre Sur un si gros cheval ? Et ce vaste théâtre Dans un petit local ? C’est le roi, etc.

De la princesse Caroline Qui sut apaiser la douleur ; Qui de cette femme divine Devint le zélé défenseur ? Qui de la rendre mère Conçut l’heureux projet ? Qui fit dans cette affaire Un tour de gobelet ? C’est le roi, etc.

Qui nous avait promis la Charte En faisant les plus beaux serments ? En ce moment, qui s’en écarte ? En nous disant : Je m’en repens ! Qui de belles promesses Nous berne à chaque instant ?

Qui redira des messes Quelque beau jour à Gand ?

C’est le roi, le roi, le roi, Qu’en ronde Chante le monde ; Rien n’est plus plaisant, ma foi, Que de chanter le roi.