French poem
La Nourrice
by Pierre-Jean de Béranger (1780–1857)
De Pantin j’suis la gross’nourrice, Et chacun voit bien
Qu’il ne me manque rien. Pour vot’bien-être et pour le mien. Amusez-vous, Trémoussez-vous, Amusez-vous tous. C’qui fait plaisir me rend service, Amusez-vous tous, Ça f’ra venir le pain chez nous.
N’craignez point pour l’lait d’la nourrice, Louis, Pierre et l’curé Tous les trois m’ont juré Qu’chacun d’eux vivrait plus r’tiré. Amusez-vous, etc.
Quant au paiement des mois d’nourrice, À plus d’un tendron, J’dis, montrant l’nourrisson : C’n’est pour vous que l’prix d’la façon. Amusez-vous, etc.
Les enfants sont l’pain d’la nourrice, Messieurs, retenez Qu’ c’est vous qui me l’donnez ; L’pain que j’mange vous l’enfournez. Amusez-vous, Trémoussez-vous, Amusez-vous tous. C’qui fait plaisir me rend service, Amusez-vous tous, Ça f’ra v’nir le pain chez nous.