Versos French Pierre-Jean de Béranger Le petit Oiseau

French poem

Le petit Oiseau

by (1780–1857)

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Quoi ! vraiment, belle, vous reprochez À l’amant le plus tendre Certain oiseau que, pour mes péchés, J’ai bien voulu vous prendre. De mes efforts pour vous le ravir Votre honneur fut content, je m’en flatte ! Je l’ai pris pour vous faire plaisir… Vous n’êtes qu’une ingrate !

À le prendre ai-je eu peine, grands dieux ! Ô vertu que j’adore ! Vous juriez de m’arracher les yeux Et quelque chose encore. En effet, me sentant réussir, Vous m’avez arraché ma cravate. Je l’ai pris, etc.

Vous disiez qu’il inspirait la peur Et qu’un missionnaire, Un cent-suisse, un cosaque, un sapeur N’en avaient pu rien faire ; Qu’un prélat, sans pouvoir le saisir, Avait mis bas sa robe écarlate Je l’ai pris, etc.

Ma belle, disais-je, regardez L’épaisseur du plumage De l’oiseau que trop bien vous gardez Et qui s’ennuie en cage. Jour et nuit, pour se faire élargir, À la porte le prisonnier gratte ; Je l’ai pris, etc.

De votre barbe vous juriez bien Que j’avais eu l’étrenne. Je l’ai cru, car je n’y connais rien Et j’étais hors d’haleine. Mais cet oiseau qui meurt de désir, A la peau diablement délicate ! Je l’ai cru pour vous faire plaisir… Vous n’êtes qu’une ingrate.