French poem
Plainte sur la mort de Sylvie
by Saint-Amant (1594–1661)
Ruisseau qui cours après toy-mesme, Et qui te fuis toy-mesme aussi, Arreste un peu ton onde ici Pour escouter mon dueil extresme ; Puis, quand tu l’auras sceu, va-t’en dire à la mer Qu’elle n’a rien de plus amer.
Raconte-luy comme Sylvie, Qui seule gouvernoit mon sort, A receu le coup de la mort Au plus bel age de la vie, Et que cet accident triomphe en mesme jour De toutes les forces d’Amour.
Las ! je n’en puis dire autre chose, Mes souspirs trenchent mon discours. Adieu, ruisseau, repren ton cours Qui non plus que moy ne repose ; Que si, par mes regrets j’ay bien pu t’arrester, Voilà des pleurs pour te haster.
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