French poem
« Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ? »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
— Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ? Te fallait-il de l’or pour te plaire à la vie ? Quoi ! d’un pareil regret ton âme poursuivie Sous la pourpre et la soie espérait moins souffrir !
— Non ; la pourpre et la soie auraient pu me couvrir Sans prendre à leur réseau ma vanité ravie ; Par de meilleurs zéphyrs ma jeunesse servie, Loin d’un soleil pompeux, aurait aimé fleurir.
Il ne m’aurait fallu, sur un coin de la terre, Qu’un loisir innocent, un chaume solitaire ; Les trésors de l’étude à côté d’un ami ;
Et, vers l’heure où le jour fuit sous l’ombre naissante, Une main pour répondre à ma main frémissante, Un sein où me pencher, les yeux clos à demi.
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