French poem
« Plus que narcisse et pâle tubéreuse »
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Plus que narcisse et pâle tubéreuse, Plus que blanc nénuphar aux troublantes odeurs, Doux sont à l’âme, après l’absence affreuse, L’heureux retour et l’haleine amoureuse De ma Beauté, la plus chaste des fleurs.
Parfum léger qui dit d’abord : C’est elle ! Petit parfum qu’on distingue entre tous, Qu’à chaque brise on sent venir vers nous, Qu’on voit sortir de la tige fidèle : L’air s’en embaume, et connaît l’Immortelle.
Mais qui dira l’autre parfum caché, Parfum mortel et d’amères délices, Qui fait pâlir nénuphars et narcisses ? Oh ! l’amant seul, à vos genoux penché, Sait le mystère et garde les supplices : Au fond de lui, c’est la fleur de désir, Par vous craintive, et si close au plaisir !
More by Sainte-Beuve
- « Osons tout et disons nos sentiments divers »
- « Pan aimait Écho, sa voisine »
- « Par un ciel étoilé, sur ce beau pont des Arts »
- « Pauvre enfant, qu’as-tu fait ? qu’avais-tu pour mourir ? »
- « Pour venger du passé la jalousie amère »
- « Printemps qui sitôt rachète »
- « Quand le Poëte en pleurs, à la main une lyre »
- « Quand l’avenir pour moi n’a pas une espérance »