French poem
Puisqu’aussi bien tout passe
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Puisqu’aussi bien tout passe et que l’Amour a lui. Puisqu’après le flambeau ce n’est plus que la cendre, Que le rayon pâli n’est plus même à descendre, Puisqu’en mon cœur désert habite un morne ennui,
Si le loisir du chant me revient aujourd’hui, Qu’en faire, Muse aimée ? et nous faut-il attendre L’écho qu’hier encore il était doux d’entendre, Dernier soupir du nom qui pour toujours m’a fui ?
Oh ! sortons de moi-même ! et de mon âme errante Suspendons loin de moi la corde murmurante ! Ailleurs, je sais ailleurs des endroits consacrés :
Et comme un timbre d’or, qui parfois chante ou pleure, Mon vers harmonieux sonnerait les quarts d’heure Heureux ou douloureux des amis préférés.