French poem
Reposez-vous et remerciez
by Sainte-Beuve (1804–1869)
Ayant monté longtemps d’un pas lourd et pesant Les rampes, au sommet désiré du voyage,
Près du chemin gravi, bordé de fin herbage, Oh ! qui n’aime à tomber d’un cœur reconnaissant ?
Qui ne s’y coucherait délassé, se berçant Aux propos entre amis, ou seul, au cri sauvage Du faucon, près de là perdu dans le nuage, — Nuage du matin, et qui bientôt descend ?
Mais, le corps étendu, n’oublions pas que l’âme, De même que l’oiseau monte sans agiter Son aile, ou qu’au torrent, sans fatiguer sa rame,
Le poisson sait tout droit en flèche remonter, — L’âme (la foi l’aidant et les grâces propices) Peut monter son air pur, ses torrents, ses délices !