French poem
Foi
by Stuart Merrill (1863–1915)
Voici s’endormir les heures brèves Qui frissonnent de froid et de peur. La meute invisible de nos rêves Poursuit la lune dont la lueur Émeut l’âme de l’eau sur les grèves Et fait crier l’amour dans mon cœur.
Je me trouve au tournant de la route, Les yeux cherchant ce qu’on ne voit pas, Les mains folles comme lorsqu’on doute, Les pieds ne suivant plus d’autres pas. Mais j’ai gardé confiance toute Que l’auberge est ouverte là-bas,
Là-bas où sera douce l’aurore Sous les arbres roses du verger Lorsqu’à l’heure où les nids vont éclore Je sentirai sur mon front léger Les baisers de celle que j’ignore, Mais qui sera bonne à l’étranger.