Versos French Stuart Merrill Funérailles

French poem

Funérailles

by (1863–1915)

Listen in the reader

D’avoir, roi, ravagé les rivages de cette mer Où ses galères, tremblant du tonnerre des trompettes, Mordaient, dans l’écume et le sang, de leurs rostres de fer Les tours en feu d’où sifflaient les flèches des arbalètes,

Il se lassa. Donc dans ses palais, loin des flots amers, Il laissa mourir son âme au son des flûtes de fête, Esclave des enchanteresses qui parfument l’air De danses, et des bouffons qui poussent des cris de bêtes.

Mais l’Archange noir qui veille à l’horloge du destin Cria ! La couronne chut sur la pourpre avec le sceptre, Et l’on vit aux doigts du roi les écailles de la lèpre.

Et quand ses funérailles étonnèrent le matin De musiques et d’étendards, nul sous le char qui grince Ne lança de fleurs, sauf un enfant fou, le futur Prince.