Versos French Stuart Merrill Plein Air

French poem

Plein Air

by (1863–1915)

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La mère étend des linges dans la cour En chantant une chanson d’amour, Le père bêche, les poings durs, au jardin, En souriant aux clairs lendemains.

Un oiseau sous le lierre ne cesse Ses trilles qui perlent comme la pluie, Et l’on entend, sous la corde qui la blesse, Grincer la poulie du puits.

C’est le paisible labeur au soleil Dans l’enclos de la petite maison Où moururent, vieux enfants qu’on veille, Tant d’aïeux au son des oraisons.

Soudain, en crispant les mains, Le nouveau-né se réveille à la faim Dans son berceau que la brise balance Comme une nourrice murmurant une romance.

Et la mère qui lave dans la cour Cesse, pensive, sa chanson d’amour, Et le père qui bêche au jardin Fronce le front aux soucis de demain.