French poem
04 (ous ton chapeau havane ou vert…)
ous ton chapeau havane ou vert, — Ventre de grèbe et lophophore, — Ton œil aux luisants de phosphore Étincelait, tout grand ouvert.
Or, parmi les fleurs que le givre Sur le carreau mat burina, Ta prunelle où mon spleen s’enivre, Frileusement se promena.
Puis ton ongle, ma douce aimée, Tout tremblant, découpa d’un cœur La flore dont l’hiver moqueur Ramageait ma vitre étamée,
Après ton pénible départ, C’est par ce pertuis symbolique Que se glissa, mélancolique, Ô charmeresse, mon regard.
La neige au loin, partout la neige ! La plaine, à l’horizon voilé, Blanche sous son brillant barège, Étale son grand front gelé.
Un côteau frais-poudré termine Là-bas l’ouate blanche des cieux. Partout la scintillante hermine S’étend monotone à mes yeux…
Sous l’inexorable avalanche Rien qu’une gamme et qu’un rayon : À l’inflexible teinte blanche Qui donc heurtera son crayon ?
Mais soudain de ce ciel de plâtre Un corbeau dont le pied branchu Sème des étoiles d’albâtre, Comme une goutte d’encre a chu.
Et je crus voir ainsi qu’en rêve, Point d’ébène en ce flot lacté, Ta gorge neigeuse où sans trêve Étincelle un grain de beauté.