French poem
09 (a cave s’entrouvre noire…)
a cave s’entrouvre noire. L’araignée y va tissant Ou bien fait la balançoire Au bout d’un fil qui descend.
L’antique platras s’éraille ; La limace voyageant Dessine sur la muraille Ses arabesques d’argent.
Très-vérouillée est la porte Qui protége ce réduit ; Un couloir cher au cloporte En zigzagant y conduit.
Vêtu d’un foin vénérable Là le vin des bons aïeux Dort d’un sommeil admirable Qui date d’un siècle — ou deux !
C’est la santé, c’est la joie Que recèlent ces flacons Dont le flanc glauque chatoie Sous de poussièreux flocons.
On garde pour maint soir sombre Ces grands vins coulant d’aplomb, Car au fond des verres sombre Le spleen au masque de plomb.
Lors dans la chambre qu’enchante L’âme folle des cruchons, Quelle bataille alléchante ! Se bombarder de bouchons
Et se verser des rasades Amples à remplir un puits, Voir tous les soucis maussades Fuir à tire d’aîles, puis
Goûter, — le front sur la table Et dans l’ombre enseveli, — La victoire délectable, La victoire de l’oubli !