Versos French Théodore Hannon 15 (omme en mon cœur qui va…)

French poem

15 (omme en mon cœur qui va…)

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omme en mon cœur qui va chantant, Comme en ma chair émerveillée, Aux prés Mai sourit, éclatant, Et la forêt s’est réveillée.

Que j’aime la senteur des bois, Cette parfumeuse de brise ! Par tous les pores je la bois, Mon rêve s’y plait et s’y grise.

Aux pointes des gramens le pleur De l’aube irise son globule ; Dans la mousse, velours en fleur, Le clair muguet tintinnabule.

Par les méandres enfiévrés De la forêt et de la plaine Se lutinent, énamourés, La libellule et le phalène.

Au sein des vertes frondaisons L’oiseau chauffe à blanc son oiselle Qui se sert, à ses pâmoisons, Comme un éventail, de son aîle.

Ému je fuis sous les arceaux Ombreux d’où me siffle le merle, Ce maître Scapin des oiseaux ! Dans l’herbe en pleurs mon pied s’emperle.

J’ai des éblouissements verts. La feuille implacablement brille. Et, railleur, le merle me trille : « Viens-t-en donc la voir à l’envers ! »