French poem
17 (r, de sa houppe de cygne…)
r, de sa houppe de cygne, L’hiver, ce parfumeur insigne, Fleurit ses doigts violets. La neige aux toits coud des ourlets.
Poudrée à la maréchale Et pelotonnée en son châle Fait des flocons les plus clairs, La campagne prend de grands airs,
Le noir corbeau s’extasie, — Lait de Tonka, crème d’Asie ! — De la ribote de blanc Où plonge son rostre sanglant.
Dans sa robe d’épousée La ville rayonne, empesée. Sur sa tête on voit neiger Les couronnes de l’oranger.
Que de blancheurs dans la rue Où grince la bise bourrue ! Vers toi je vole, tremblant, Vers la chambrette où tout est blanc :
Tes rideaux et tes tentures, Tes meubles très-bas, tes ceintures, La couche où mon front pâlit, Tes peignoirs et ton ciel de lit,
Et ton corps qui m’épouvante, Chair de glace, neige vivante, Que de ses feux mon baiser En vain toujours veut embraser !