French poem
L’Incrédulité punie
by Tristan L’Hermite (1601–1655)
L’Obiect est bien puny qui ne me croyoit pas Lors que ie luy iurois en loüant ses apas, Que sa ieune beauté par vne seule œillade, M’auoit rendu malade.
Pour voir si i’en parlois auecque verité, L’imprudente obstinée en sa temerité, Courant vers vn Miroir auec impatience, En fit l’experience.
Des feux refléchissants du cristal dans ses yeux, Embraserent soudain ce cœur audacieux, Qui pour me secourir quand ie demandois grace, N’auoit que de la glace.
La chaleur estrangere a son sang alteré ; Et le haut mouuement du poux immoderé Monstre que ce beau corps recelle autant de flame, Que i’en ay dans mon ame.
De la pointe d’vn traict Amour ouure son bras, Et faisant rejallir des rubis sur ses dras, Tire afin que le mal de la Belle s’alege, Du feu de cette neige.
Petit Barbier, de grace, espargne ce beau sang ; Crains-tu pour Amarante ? elle n’est point du rang De ces fresles Beautez de qui les Destinées Ont borné les années.
La Mort n’a point d’empire où règne sa beauté, Tandis que le Soleil aura de la clarté, Ses yeux qui m’ont rauy ma liberté premiere Auront de la lumiere.