French poem
La Beveüe
by Tristan L’Hermite (1601–1655)
VOVS vous trompez mes yeux, elle n’est pas si belle Que vous la dépeigniez à ma credulité : Comparant la peinture auec la verité, Ie puis vous accuser d’vn rapport infidelle.
Faites donc desormais meilleure sentinelle, Employez à garder ma chere liberté ; Et ne vous troublez plus de voir vne Beauté Dont le trompeur esclat surprend à la chandelle.
Reuoyant cét Obiect à la clarté du iour, Vous portez ma raison à bannir cét amour Qui par vostre surprise en mon cœur fit retraite :
Et dans l’heureux estat où mes sens sont remis, Mes pensers font ainsi qu’vne troupe deffaite, Qui soudain se rallie & bat ses ennemis.