French poem
En carnaval
by Albert Mérat (1840–1909)
« Dieu ! que le son du cor est triste au fond des bois ! »
Ô forme d’un beau vers, coupe d’or où je bois, Qui redonnes l’espoir et qui fais qu’on oublie, Je m’enivrais du vin de ta mélancolie. Ce soir, par un contraste insigne en vérité. Hélas ! de lourdes mains touchaient à ta beauté ! Loin des chênes sur qui le matin se déploie, Avant qu’avril ait mis au ciel un peu de joie, Dans l’hiver, dans la nuit surprise tristement, Des sots sonnaient du cor avec acharnement, Offensant aux éclats de l’absurde fanfare La musique divine et belle qui s’effare. C’était la tolérance horrible des jours gras, La face bleue, à pleins poumons, à tour de bras,
Ces gens pour qui jamais la grâce ne fut faite Chômaient à leur façon ce dimanche de fête.
En France, au temps passé des roses carnavals, Où les plis du satin frissonnaient dans les bals, Où quelques violons sur un thème classique Faisaient toute la joie et toute la musique, Dans ce temps de plaisir léger qui s’envola, On n’avait pas encore imaginé cela.