Versos French Aristide Bruant Crasse originelle

French poem

Crasse originelle

by (1851–1925)

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Le maire assembla son conseil Et d’un ton et d’une voix fermes, Grave, il exposa, dans ces termes, Un fait inouï, sans pareil : « Messieurs, je vous le donne en mille ! On fait une pétition Qui circule dans notre ville, Savez-vous pourquoi ?… Non… Eh ben ! On voudrait la construction

D’un bain ! » Le conseil eut un haut-le-corps. « Un bain !… clama l’un ; pourquoi faire ? — Mais… pour en prendre, dit le maire. — Vraiment ? fit l’adjoint ; mais, alors, Dans notre étang de galetade On pourrait en prendre l’été. — On en prend quand on est malade Dit à son tour Mosieu Robain ; Moi, je comprends l’utilité

D’un bain. — On en prend aussi quand on veut, Dit, en hésitant, maître Pierre. J’en ai pris un pendant la guerre Dans le pays de mon neveu… Un pays grand comme le nôtre Où je fis assez long séjour… J’en prendrais volontiers un autre. — C’est mon cas, dit Mosieu Robain, On peut donc, je crois, voter pour

Un bain. » Les conseillers, incompétents, Songeaient… Lors, prenant la parole, Le sieur Henri de Fourcherolle Leur dit : « J’ai soixante et sept ans, Bon pied, bon œil et je me porte Comme un chêne… Or, je suis surpris D’entendre parler de la sorte, Car, n’en déplaise à Jean Robain, Moi, Messieurs, je n’ai jamais pris

Un bain. »