French poem
046 (Les amants ne deviennent pervers, d’habitude…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Les amants ne deviennent pervers, d’habitude, Que quand de leur amour déjà tinte le glas. Et j’ai cette assurance, et toi-même tu l’as. Que leur perversité naît de leur lassitude.
Or, nous ne l’avions pas, nous, cette inquiétude ! Car nous n’étions de nous ni l’un ni l’autre las. Pourtant, dans cette ordure avec moi tu roulas. Rien ne peut nous laver de cette turpitude.
Nous aurions pu longtemps encore nous saisir Cœur contre cœur, sans polluer notre plaisir. Oui, nous pouvions, longtemps, longtemps (toujours, peut-être),
Fleurir dans le jardin des simples voluptés… Mais nous avons trop tôt pris le vice pour maître ; Et, sans être lassés, nous étions dégoûtés !
More by Georges Docquois
- 040 (Ah ! que de fois, à…)
- 041 (Lyrique par essence, et jusqu’au procédé…)
- 043 (Bien qu’à nous oublier nous mettions…)
- 044 (Dans mes rêves ton érotisme s’exaspère…)
- 047 (Tomberais-tu toi-même au piège de tes…)
- 048 (Je veux m’imaginer la première visite…)
- 049 (L’humble fille n’est pas, comme tu…)
- 050 (Elle s’appelle Marianne ; et, cependant…)