French poem
041 (Lyrique par essence, et jusqu’au procédé…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Lyrique par essence, et jusqu’au procédé, J’ai le goût périlleux de la nombreuse phrase : Je parle, et le désir d’amplifier m’embrase, Et je m’emporte sur Pégase débridé.
Mon cœur bat-il, bientôt je me sens possédé Par le génie absurde et brûlant de l’emphase ; Et c’est pourquoi j’ai dû te verser plus d’extase Qu’aucun de ceux qui dans tes bras m’ont précédé.
Tu te rappelles mes louanges fantastiques Et quel surabondant cantique des cantiques J’inventais, chaque nuit, pour mieux jouir de toi !
Du diable intérieur j’entendais la risée, Cependant. Mais tu me croyais de bonne foi. Si tu t’admiras tant, c’est que je t’ai grisée !
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